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Autoportrait, 1884

Autoportrait, 1884

œuvre Phare

En 1884, Aristide Maillol réalise son tout premier Autoportrait, marquant ainsi ses débuts artistiques. À l’âge de vingt-trois ans, il fige son image pour la postérité, celle d’un jeune homme au regard d’une intense profondeur, empreint d’une légère mélancolie. Son nez allongé et ses joues creuses sont dissimulées en partie par une imposante barbe. Dans cette œuvre inaugurale, Maillol se place dans la lignée de Gustave Courbet (1819 – 1877), revendiquant ouvertement son influence.

 

5 MINUTES

Aristide Maillol Autoportrait, Portrait de l’artiste par lui-même, 1884 Huile sur toile, H. 33,3 cm ; L. 24,5 cm Paris, Fondation Dina Vierny – Musée Maillol

Aristide Maillol Autoportrait, Portrait de l’artiste par lui-même, 1884 Huile sur toile, H. 33,3 cm ; L. 24,5 cm Paris, Fondation Dina Vierny – Musée Maillol

En 1884, Aristide Maillol réalise son tout premier Autoportrait, marquant ainsi ses débuts artistiques. À l’âge de vingt-trois ans, il fige son image pour la postérité, celle d’un jeune homme au regard d’une intense profondeur, empreint d’une légère mélancolie. Son nez allongé et ses joues creuses sont dissimulées en partie par une imposante barbe. Dans cette œuvre inaugurale, Maillol se place dans la lignée de Gustave Courbet (1819 – 1877), revendiquant ouvertement son influence.

Une image pour l’éternité

Maillol déploie une palette de couleurs sombres et terreuses dans cette œuvre. Le fond du tableau, les vêtements et même la barbe du personnage fusionnent presque, peinant à se distinguer les uns des autres. Maillol manipule adroitement les textures de la peinture, appliquant des couches épaisses et irrégulières qui ajoutent une dimension tangible à l’œuvre. À travers cet autoportrait, il nous livre un instantané de sa jeunesse teintée de mélancolie, son visage en grande partie dissimulé. Dans un acte de subversion artistique, il ne montre aucun des attributs traditionnels du peintre : nul pinceau, nulle toile ne figurent dans sa représentation, rompant ainsi avec les conventions établies du portrait d’artiste. Aucun indice ne révèle sa profession ou son statut social, laissant son identité énigmatique. Le portrait, ou l’autoportrait, est une manière pour lui d’entrer dans l’histoire, de pérenniser son image [Ill. 1]. Maillol choisit délibérément de transmettre son image à la postérité, dévoilant ainsi une facette de lui-même à la fois intime et universelle [Ill. 2].

[ill. 2] Anonyme, Photo de Maillol, vers les années 1890, Paris, Archives de la Fondation Dina Vierny-Musée Maillol

[ill. 1] Aristide Maillol, Autoportrait, vers 1898, Dessin double face, Encre sur papier bleu-gris, H. 29 cm ; L. 21 cm, Paris, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol

“ À travers cet autoportrait, il nous livre un instantané de sa jeunesse teintée de mélancolie, son visage en grande partie dissimulé.”

Une image pour l’éternité

Maillol déploie une palette de couleurs sombres et terreuses dans cette œuvre. Le fond du tableau, les vêtements et même la barbe du personnage fusionnent presque, peinant à se distinguer les uns des autres. Maillol manipule adroitement les textures de la peinture, appliquant des couches épaisses et irrégulières qui ajoutent une dimension tangible à l’œuvre. À travers cet autoportrait, il nous livre un instantané de sa jeunesse teintée de mélancolie, son visage en grande partie dissimulé. Dans un acte de subversion artistique, il ne montre aucun des attributs traditionnels du peintre : nul pinceau, nulle toile ne figurent dans sa représentation, rompant ainsi avec les conventions établies du portrait d’artiste. Aucun indice ne révèle sa profession ou son statut social, laissant son identité énigmatique. Le portrait, ou l’autoportrait, est une manière pour lui d’entrer dans l’histoire, de pérenniser son image [Ill. 1]. Maillol choisit délibérément de transmettre son image à la postérité, dévoilant ainsi une facette de lui-même à la fois intime et universelle [Ill. 2].

[ill. 1] Aristide Maillol, Autoportrait, vers 1898, Dessin double face, Encre sur papier bleu-gris, H. 29 cm ; L. 21 cm, Paris, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol

[ill. 2] Anonyme, Photo de Maillol, vers les années 1890, Paris, Archives de la Fondation Dina Vierny-Musée Maillol

“ À travers cet autoportrait, il nous livre un instantané de sa jeunesse teintée de mélancolie, son visage en grande partie dissimulé.”

Dans la lignée de Courbet

À cette période, Maillol fréquente les ateliers d’Alexandre Cabanel (1823-1889) et de Jean-Léon Gérôme (1824-1904) à l’École des Beaux-Arts. Cependant, il opte délibérément pour la voie tracée par Gustave Courbet, revendiquant ouvertement son influence [Ill. 3].

Bien qu’il n’ait pas encore intégré l’École des Beaux-Arts, ayant échoué au concours d’entrée, Maillol se tourne vers le réalisme de Courbet comme modèle prédominant, défiant ainsi les conventions établies. Il se démarque de ses enseignants et des principes conventionnels qu’il aurait pu apprendre. Plus tard, dans une conversation avec sa biographe Judith Cladel, il exprimera avec assurance : « […] je n’ai pas trop mal réussi mon portrait ; j’étais influencé par Courbet. » Dans sa narration, Cladel le compare à Courbet, tout en évoquant également des similitudes avec les peintres espagnols du XVIIe siècle. Cette inclination pour l’Espagne pourrait être attribuée à ses séjours estivaux répétés dans le pays entre 1884 et 1886. Il visite alors son frère Raphaël et son épouse dans leur vignoble à Cervera, situé non loin de la frontière française, au nord-ouest de Barcelone.

[ill. 3] Gustave Courbet, L’Homme à la ceinture de cuir. Portrait de l’artiste, 1845- 1846, Huile sur toile. H. 105 cm; L. 81,2 cm. Achat en vente publique, 1881. © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Dans la lignée de Courbet

À cette période, Maillol fréquente les ateliers d’Alexandre Cabanel (1823-1889) et de Jean-Léon Gérôme (1824-1904) à l’École des Beaux-Arts. Cependant, il opte délibérément pour la voie tracée par Gustave Courbet, revendiquant ouvertement son influence [Ill. 3].

Bien qu’il n’ait pas encore intégré l’École des Beaux-Arts, ayant échoué au concours d’entrée, Maillol se tourne vers le réalisme de Courbet comme modèle prédominant, défiant ainsi les conventions établies. Il se démarque de ses enseignants et des principes conventionnels qu’il aurait pu apprendre. Plus tard, dans une conversation avec sa biographe Judith Cladel, il exprimera avec assurance : « […] je n’ai pas trop mal réussi mon portrait ; j’étais influencé par Courbet. » Dans sa narration, Cladel le compare à Courbet, tout en évoquant également des similitudes avec les peintres espagnols du XVIIe siècle. Cette inclination pour l’Espagne pourrait être attribuée à ses séjours estivaux répétés dans le pays entre 1884 et 1886. Il visite alors son frère Raphaël et son épouse dans leur vignoble à Cervera, situé non loin de la frontière française, au nord-ouest de Barcelone.

[ill. 3] Gustave Courbet, L’Homme à la ceinture de cuir. Portrait de l’artiste, 1845- 1846, Huile sur toile. H. 105 cm; L. 81,2 cm. Achat en vente publique, 1881. © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Un tableau en marge

Cependant, Maillol ne poursuit pas cette voie, malgré l’influence initiale de Courbet. Il confie lui-même : « Je n’ai pas continué à l’imiter, car j’ai senti que je n’aurais jamais la même puissance. La puissance de Courbet est une chose bien à lui… » Progressivement, il abandonne es tonalités brunes et la touche empâtée caractéristiques du maître du réalisme pour éclaircir sa palette. Son évolution artistique le mène vers la réalisation de nombreux portraits, notamment pour la famille Faraill. Il se tourne vers la représentation de jeunes filles ornées de couronnes de fleurs, adoptant des compositions rappelant la peinture de la Renaissance italienne, avec des figures de profil [Ill. 4]. Ces portraits, souvent marqués par une forte connotation symboliste, reflètent une transition vers une approche plus personnelle et distinctive.

Comme son ami Matisse, Maillol découvre véritablement son style lors de sa rencontre avec Paul Gauguin (1848 – 1903) en 1892, un moment décisif dans son parcours artistique. Profondément inspiré par Gauguin, il adopte rapidement des éléments des recherches synthétistes. Cependant, il va plus loin en employant de nouveaux moyens plastiques pour représenter le paysage, oscillant entre le synthétisme de l’école de Pont-Aven et le néo-impressionnisme, enrichissant ainsi ses œuvres d’une nouvelle profondeur et complexité.

[ill. 4] Aristide Maillol, Mademoiselle Faraill au chapeau, 1890, Huile sur toile, H. 46 cm ; L. 56 cm, Paris, Fondation Dina Vierny – Musée Maillol

“Une particularité notable de Maillol est qu'il n'a réalisé qu'un seul autoportrait peint. En dehors de celui-ci, il existe seulement un autoportrait dessiné, conservé au musée, et un autre caricatural dans un coin de son atelier à Marly. ”

Un tableau en marge

Cependant, Maillol ne poursuit pas cette voie, malgré l’influence initiale de Courbet. Il confie lui-même : « Je n’ai pas continué à l’imiter, car j’ai senti que je n’aurais jamais la même puissance. La puissance de Courbet est une chose bien à lui… » Progressivement, il abandonne es tonalités brunes et la touche empâtée caractéristiques du maître du réalisme pour éclaircir sa palette. Son évolution artistique le mène vers la réalisation de nombreux portraits, notamment pour la famille Faraill. Il se tourne vers la représentation de jeunes filles ornées de couronnes de fleurs, adoptant des compositions rappelant la peinture de la Renaissance italienne, avec des figures de profil [Ill. 4]. Ces portraits, souvent marqués par une forte connotation symboliste, reflètent une transition vers une approche plus personnelle et distinctive.

Comme son ami Matisse, Maillol découvre véritablement son style lors de sa rencontre avec Paul Gauguin (1848 – 1903) en 1892, un moment décisif dans son parcours artistique. Profondément inspiré par Gauguin, il adopte rapidement des éléments des recherches synthétistes. Cependant, il va plus loin en employant de nouveaux moyens plastiques pour représenter le paysage, oscillant entre le synthétisme de l’école de Pont-Aven et le néo-impressionnisme, enrichissant ainsi ses œuvres d’une nouvelle profondeur et complexité.

[ill. 4] Aristide Maillol, Mademoiselle Faraill au chapeau, 1890, Huile sur toile, H. 46 cm ; L. 56 cm, Paris, Fondation Dina Vierny – Musée Maillol

“Une particularité notable de Maillol est qu'il n'a réalisé qu'un seul autoportrait peint. En dehors de celui-ci, il existe seulement un autoportrait dessiné, conservé au musée, et un autre caricatural dans un coin de son atelier à Marly. ”

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