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Le Grand Nu jaune, 1943

œuvre Phare

Le Grand Nu jaune, également appelé Hommage à Gauguin (1943), est une huile sur toile réalisée peu de temps avant la mort d’Aristide Maillol (1861-1944), décédé en 1944. Aux tons chauds et lumineux, cette peinture est un témoignage de l’amitié entre l’artiste et Dina Vierny (1919-2019), sa muse et confidente.  

 

5 MINUTES

Aristide Maillol Le Grand Nu jaune - Hommage à Gauguin, 1943 Huile sur toile, H. 100 cm ; L. 62 cm Fondation Dina Vierny – Musée Maillol

Le Grand Nu jaune,1943

Aristide Maillol , Le Grand Nu jaune - Hommage à Gauguin, 1943 Huile sur toile, H. 100 cm ; L. 62 cm Fondation Dina Vierny – Musée Maillol

Le Grand Nu jaune, également appelé Hommage à Gauguin (1943), est une huile sur toile réalisée peu de temps avant la mort d’Aristide Maillol (1861-1944), décédé en 1944. Aux tons chauds et lumineux, cette peinture est un témoignage de l’amitié entre l’artiste et Dina Vierny (1919-2019), sa muse et confidente.  

Un regain d’intérêt pour la peinture

Vers la fin de sa vie, Maillol acquiert une réputation grandissante en tant que sculpteur. Il est sollicité pour créer des œuvres destinées à des collections privées ainsi que des monuments publics commémoratifs. Entre 1900 et 1930, il se consacre presque exclusivement à la sculpture, ainsi qu’aux dessins qui nourrissent ses études artistiques. Pendant des années, Maillol recherche ardemment un modèle qui incarnerait ses idéaux artistiques. En 1907, il dit : « Quand j’aurai trouvé le modèle qui me va tout à fait, je resterai dessus quatre ou cinq ans, à faire une statue. C’est comme ça qu’on fait de belles choses, c’est comme ça qu’ont fait les Grecs ». Il semblerait que c’est ce qui lui arrive lorsqu’il rencontre Dina Vierny en 1934, mais cette collaboration dure 10 ans [Ill. 1] et il ne se contente pas d’une seule sculpture.

Dina incarne parfaitement le canon esthétique de Maillol, tant dans ses traits que dans sa morphologie. Bien que l’artiste puise son inspiration auprès de divers modèles, notamment sa femme et ses domestiques, jamais une seule personne n’avait exercé une influence aussi constante sur l’ensemble de sa carrière. L’artiste lui-même affirme ne jamais copier la nature, mais plutôt s’en inspirer.

[ill. 2] Photo John Rewald, Dina Vierny posant pour la sculpture Harmonie dans l’atelier de Maillol à Banyuls-sur-Mer, mars 1941. Paris, Fondation Dina Vierny-musée Maillol

[ill. 1] Louis Carré, Maillol et Dina Vierny à Banyuls-sur-Mer, janvier 1944. Paris, Fondation Dina Vierny – Musée Maillol

Lorsqu’il fait la connaissance de Dina, Maillol reprend ses grands projets de sculpture et se remet à la peinture. Elle devient ainsi le modèle emblématique de sculptures telles que La Montagne (1937), La Rivière  (1938-1943), L’Air (1938) et enfin Harmonie (1940) [Ill. 2] .

Cette rencontre marque un véritable renouveau dans l’œuvre de Maillol, Dina devenant une source d’inspiration inégalée. Bien qu’il n’ait jamais totalement cessé de peindre, cette période voit Maillol renouer pleinement avec la pratique [Ill. 3].

[ill. 3] Harlingue-Roger Viollet, Maillol peignant un nu d’après Dina Vierny, dans son atelier de Banyuls.

Un regain d’intérêt pour la peinture

Vers la fin de sa vie, Maillol acquiert une réputation grandissante en tant que sculpteur. Il est sollicité pour créer des œuvres destinées à des collections privées ainsi que des monuments publics commémoratifs. Entre 1900 et 1930, il se consacre presque exclusivement à la sculpture, ainsi qu’aux dessins qui nourrissent ses études artistiques. Pendant des années, Maillol recherche ardemment un modèle qui incarnerait ses idéaux artistiques. En 1907, il dit : « Quand j’aurai trouvé le modèle qui me va tout à fait, je resterai dessus quatre ou cinq ans, à faire une statue. C’est comme ça qu’on fait de belles choses, c’est comme ça qu’ont fait les Grecs ». Il semblerait que c’est ce qui lui arrive lorsqu’il rencontre Dina Vierny en 1934, mais cette collaboration dure 10 ans [Ill. 1] et il ne se contente pas d’une seule sculpture.

Dina incarne parfaitement le canon esthétique de Maillol, tant dans ses traits que dans sa morphologie. Bien que l’artiste puise son inspiration auprès de divers modèles, notamment sa femme et ses domestiques, jamais une seule personne n’avait exercé une influence aussi constante sur l’ensemble de sa carrière. L’artiste lui-même affirme ne jamais copier la nature, mais plutôt s’en inspirer.

[ill. 1] Louis Carré, Maillol et Dina Vierny à Banyuls-sur-Mer, janvier 1944. Paris, Fondation Dina Vierny – Musée Maillol

[ill. 2] Photo John Rewald, Dina Vierny posant pour la sculpture Harmonie dans l’atelier de Maillol à Banyuls-sur-Mer, mars 1941. Paris, Fondation Dina Vierny-musée Maillol

[ill. 3] Harlingue-Roger Viollet, Maillol peignant un nu d’après Dina Vierny, dans son atelier de Banyuls.

Lorsqu’il fait la connaissance de Dina, Maillol reprend ses grands projets de sculpture et se remet à la peinture. Elle devient ainsi le modèle emblématique de sculptures telles que La Montagne (1937), La Rivière  (1938-1943), L’Air (1938) et enfin Harmonie (1940) [Ill. 2] .

Cette rencontre marque un véritable renouveau dans l’œuvre de Maillol, Dina devenant une source d’inspiration inégalée. Bien qu’il n’ait jamais totalement cessé de peindre, cette période voit Maillol renouer pleinement avec la pratique [Ill. 3].

[ill. 4] Aristide Maillol, La Couronne de fleurs, 1889, Huile sur toile, H. 129,8 cm ; L. 161 cm, Tokyo, Musée national d’Art occidental. © AKG-Images / Erich Lessing. 

Après sa rencontre avec Dina Vierny, Maillol renoue avec ses projets de sculptures antérieurs et renouvelle également son intérêt pour la peinture. Toutefois, la perception qu’il a de cet art subit une évolution notable, en particulier à la lumière de ses années de pratique sculpturale qui l’amènent à des formats généralement plus importants que dans sa production antérieure qui mettent davantage en valeur les corps massifs de son modèle. Cette évolution se manifeste notamment dans son œuvre intitulée Le Grand nu jaune, également connue sous le nom d’Hommage à Gauguin. Cette pièce présente Dina dans un champ de blé, nue, faisant face au spectateur alors qu’elle noue un foulard jaune à pois blancs dans ses cheveux. La position de ses bras permet de dévoiler son torse, une partie du corps que Maillol affectionne particulièrement et qu’il représente avec une grande minutie, allant même jusqu’à créer des sculptures dédiées à cette partie du corps. Cependant, il évite de peindre les bras, les considérant comme des éléments qui pourraient occulter son œuvre. En les relevant, il parvient à les intégrer à sa composition sans pour autant dissimuler le corps de son modèle. Dans cette représentation, le modèle est représenté les yeux clos, le visage incliné, évoquant un sentiment général de quiétude et de sérénité. Maillol semble avoir puisé son inspiration dans l’art khmer, notamment dans le sourire à peine esquissé et l’expression générale du visage. L’artiste a peut-être réitéré cette même idée dans son ultime sculpture qu’il travaillait en parallèle, Harmonie en proposant la même inclinaison de la tête et une configuration du visage similaire.

Certains observateurs y voient même une allusion à la déesse grecque de l’agriculture et des moissons, Déméter, qui a probablement aussi inspirée Baigneuse assise (1938) [Ill. 5] de Maillol. Des éléments végétaux encadrent l’œuvre, en haut comme en bas, tandis que le corps de la femme occupe presque toute la toile, représenté de façon monumentale et statique, comme dans ses sculptures. Maillol explore dans cette série de peintures tardives de nouvelles positions pour magnifier la beauté du corps, insérant cette fois-ci son modèle dans un environnement paysager qui semble idéal, comme en Arcadie. Cette démarche n’est pas sans rappeler les dernière œuvres d’artistes de sa génération, tels que son ami Auguste Renoir (1841-1919), qui baigne également des corps de femmes nues dans un éden végétal.

[ill. 5] Michel-Ange, Le Péché originel et l’expulsion du Paradis terrestre, détail, 1510, fresque, H. 280 cm ; L. 570 cm, Rome, Chapelle Sixtine.

“Après sa rencontre avec Dina Vierny, Maillol renoue avec ses projets de sculptures antérieurs et renouvelle également son intérêt pour la peinture.”

Une nouvelle conception de la peinture

Au début de sa carrière artistique, Maillol souhaite devenir peintre. Formé à l’École des Beaux-Arts auprès des maîtres qu’il rejette, tels que Jean-Léon Gérôme (1824-1904), Alexandre Cabanel (1823-1889) et Jean-Paul Laurens (1838-1921), il consacre une grande partie de son apprentissage à la pratique picturale. Ses premières œuvres sont caractérisées par des tableaux dépeignant des jeunes filles évoluant au milieu de décors végétaux [Ill. 4], révélant ainsi une esthétique singulière et une sensibilité particulière à la nature environnante.

Tout en restant en marge du mouvement des Nabis, il s’en imprègne et s’inspire de certains de leurs principes. Sa production continue de mettre en scène des jeunes filles, souvent représentées de profil sur des fonds dépourvus de perspective, adoptant ainsi une approche non-figurative. Sa palette de couleurs, quant à elle, demeure plutôt claire et froide. Ça n’est qu’au début du XXe siècle qu’il se tourne résolument vers la sculpture.

[ill. 5] Aristide Maillol, Baigneuse assise, 1938, Huile sur toile, H. 116 cm ; L.
90 cm, Collection privée ; courtesy galerie Dina Vierny, Paris. © Jean-Alex Brunelle.

Ce changement de perspective et cette monumentalisation des corps pourrait peut-être s’expliquer par une inspiration puisée chez Michel-Ange (1475-1564), artiste également sculpteur et peintre. En effet, Maillol se rend en Italie en 1936 et visite la Chapelle Sixtine où il est impressionné par les fresques du maître de la Renaissance qui le captivent en raison de leur capacité à restituer la grandeur et la monumentalité du corps humain [Ill. 6]. Il semble réintroduire dans ses tableaux la même présence imposante des corps, s’inspirant de ses propres principes sculpturaux pour les réaliser.

Tout en conservant son style minimaliste en termes de palette de couleurs, il intensifie néanmoins l’éclat de ses tons, abandonnant les aplats et l’effet de surface caractéristiques de sa période nabi. Ainsi, Maillol fusionne ses expériences sculpturales et ses influences pour créer des tableaux empreints de majesté et de volume, témoignant de son évolution artistique et de sa quête perpétuelle de la beauté corporelle [Ill. 7].

[ill. 7] Aristide Maillol, Les Deux Dina ou Les Deux Jeunes Filles au bord de la rivière, 1939, Huile sur toile, H. 130 cm ; L. 98 cm, Collection privée ; courtesy galerie Dina Vierny, Paris. © Jean-Alex Brunelle.

[ill. 4] Aristide Maillol, La Couronne de fleurs, 1889, Huile sur toile, H. 129,8 cm ; L. 161 cm, Tokyo, Musée national d’Art occidental. © AKG-Images / Erich Lessing. 

Une nouvelle conception de la peinture

Au début de sa carrière artistique, Maillol souhaite devenir peintre. Formé à l’École des Beaux-Arts auprès des maîtres qu’il rejette, tels que Jean-Léon Gérôme (1824-1904), Alexandre Cabanel (1823-1889) et Jean-Paul Laurens (1838-1921), il consacre une grande partie de son apprentissage à la pratique picturale. Ses premières œuvres sont caractérisées par des tableaux dépeignant des jeunes filles évoluant au milieu de décors végétaux [Ill. 4], révélant ainsi une esthétique singulière et une sensibilité particulière à la nature environnante.

Tout en restant en marge du mouvement des Nabis, il s’en imprègne et s’inspire de certains de leurs principes. Sa production continue de mettre en scène des jeunes filles, souvent représentées de profil sur des fonds dépourvus de perspective, adoptant ainsi une approche non-figurative. Sa palette de couleurs, quant à elle, demeure plutôt claire et froide. Ça n’est qu’au début du XXe siècle qu’il se tourne résolument vers la sculpture.

[ill. 5] Aristide Maillol, Baigneuse assise, 1938, Huile sur toile, H. 116 cm ; L. 90 cm, Collection privée ; courtesy galerie Dina Vierny, Paris. © Jean-Alex Brunelle

Après sa rencontre avec Dina Vierny, Maillol renoue avec ses projets de sculptures antérieurs et renouvelle également son intérêt pour la peinture. Toutefois, la perception qu’il a de cet art subit une évolution notable, en particulier à la lumière de ses années de pratique sculpturale qui l’amènent à des formats généralement plus importants que dans sa production antérieure qui mettent davantage en valeur les corps massifs de son modèle. Cette évolution se manifeste notamment dans son œuvre intitulée Le Grand nu jaune, également connue sous le nom d’Hommage à Gauguin. Cette pièce présente Dina dans un champ de blé, nue, faisant face au spectateur alors qu’elle noue un foulard jaune à pois blancs dans ses cheveux. La position de ses bras permet de dévoiler son torse, une partie du corps que Maillol affectionne particulièrement et qu’il représente avec une grande minutie, allant même jusqu’à créer des sculptures dédiées à cette partie du corps. Cependant, il évite de peindre les bras, les considérant comme des éléments qui pourraient occulter son œuvre. En les relevant, il parvient à les intégrer à sa composition sans pour autant dissimuler le corps de son modèle. Dans cette représentation, le modèle est représenté les yeux clos, le visage incliné, évoquant un sentiment général de quiétude et de sérénité. Maillol semble avoir puisé son inspiration dans l’art khmer, notamment dans le sourire à peine esquissé et l’expression générale du visage. L’artiste a peut-être réitéré cette même idée dans son ultime sculpture qu’il travaillait en parallèle, Harmonie en proposant la même inclinaison de la tête et une configuration du visage similaire.

Certains observateurs y voient même une allusion à la déesse grecque de l’agriculture et des moissons, Déméter, qui a probablement aussi inspirée Baigneuse assise (1938) [Ill. 5] de Maillol. Des éléments végétaux encadrent l’œuvre, en haut comme en bas, tandis que le corps de la femme occupe presque toute la toile, représenté de façon monumentale et statique, comme dans ses sculptures. Maillol explore dans cette série de peintures tardives de nouvelles positions pour magnifier la beauté du corps, insérant cette fois-ci son modèle dans un environnement paysager qui semble idéal, comme en Arcadie. Cette démarche n’est pas sans rappeler les dernière œuvres d’artistes de sa génération, tels que son ami Auguste Renoir (1841-1919), qui baigne également des corps de femmes nues dans un éden végétal.

[ill. 6] Auguste Rodin, Muse du monument Whistler, 1908, Plâtre, H. 240 cm ; L. 130 cm ; P. 150 cm, Paris, Musée d’Orsay, DO1986-3. © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Mathieu Rabeau

Ce changement de perspective et cette monumentalisation des corps pourrait peut-être s’expliquer par une inspiration puisée chez Michel-Ange (1475-1564), artiste également sculpteur et peintre. En effet, Maillol se rend en Italie en 1936 et visite la Chapelle Sixtine où il est impressionné par les fresques du maître de la Renaissance qui le captivent en raison de leur capacité à restituer la grandeur et la monumentalité du corps humain [Ill. 6]. Il semble réintroduire dans ses tableaux la même présence imposante des corps, s’inspirant de ses propres principes sculpturaux pour les réaliser.

Tout en conservant son style minimaliste en termes de palette de couleurs, il intensifie néanmoins l’éclat de ses tons, abandonnant les aplats et l’effet de surface caractéristiques de sa période nabi. Ainsi, Maillol fusionne ses expériences sculpturales et ses influences pour créer des tableaux empreints de majesté et de volume, témoignant de son évolution artistique et de sa quête perpétuelle de la beauté corporelle [Ill. 7].

[ill. 7] Aristide Maillol, Les Deux Dina ou Les Deux Jeunes Filles au bord de la rivière, 1939, Huile sur toile, H. 130 cm ; L. 98 cm, Collection privée ; courtesy galerie Dina Vierny, Paris. © Jean-Alex Brunelle

“Après sa rencontre avec Dina Vierny, Maillol renoue avec ses projets de sculptures antérieurs et renouvelle également son intérêt pour la peinture.”

L’influence de Paul Gauguin (1848-1903)

Le second titre du tableau, Hommage à Gauguin, témoigne de l’influence marquante qu’a exercée cet artiste sur Maillol au début de sa carrière. Leur rencontre en 1889 lors de l’exposition du groupe impressionniste et synthétiste, hébergée au café Volpini dans le cadre de l’Exposition Universelle, a profondément marqué Maillol. Il confie à John Rewald, l’un de ses biographes, que la peinture de Paul Gauguin (1848-1903) a été pour lui une révélation, éclairant un chemin artistique qui lui semblait obscur sous l’influence des Beaux-Arts. Devant les tableaux de Pont-Aven, Maillol ressentait qu’il pouvait travailler dans cet esprit novateur. Il confiait même à Dina Vierny que, chaque jour, il pensait à cet artiste. Vierny elle-même, dans « Maillol peintre », souligne que le tableau Le Grand Nu jaune, datant de 1943, porte ce titre en hommage à Gauguin tant l’influence de ce dernier est palpable dans cette œuvre et dans l’esprit de Maillol.

Cependant, Maillol nie toute influence de Gauguin sur sa sculpture. Lorsqu’il peint ce tableau, il se replonge dans les souvenirs de Gauguin et de son art. La posture de Dina Vierny évoque les jeunes Maoris immortalisés par le peintre lors de son séjour dans les îles Marquises [Ill. 8]. Elle se dresse dans le tableau, dans un geste suspendu et statique, portant un foulard, rappelant ainsi les modèles caractéristiques du maître de Pont-Aven, sur un fond sans perspective et synthétique, rappelant les premières leçons qu’il avait retenues de Gauguin plus de quarante ans auparavant.

[ill. 8] Paul Gauguin, Parau na te varua ino (Paroles du diable), 1892, Huile sur toile, H. 91,7 cm ; L. 68,5 cm, Washington, National Gallery of Art.
© National Gallery of Art.

L’influence de Paul Gauguin (1848-1903)

Le second titre du tableau, Hommage à Gauguin, témoigne de l’influence marquante qu’a exercée cet artiste sur Maillol au début de sa carrière. Leur rencontre en 1889 lors de l’exposition du groupe impressionniste et synthétiste, hébergée au café Volpini dans le cadre de l’Exposition Universelle, a profondément marqué Maillol. Il confie à John Rewald, l’un de ses biographes, que la peinture de Paul Gauguin (1848-1903) a été pour lui une révélation, éclairant un chemin artistique qui lui semblait obscur sous l’influence des Beaux-Arts. Devant les tableaux de Pont-Aven, Maillol ressentait qu’il pouvait travailler dans cet esprit novateur. Il confiait même à Dina Vierny que, chaque jour, il pensait à cet artiste. Vierny elle-même, dans « Maillol peintre », souligne que le tableau Le Grand Nu jaune, datant de 1943, porte ce titre en hommage à Gauguin tant l’influence de ce dernier est palpable dans cette œuvre et dans l’esprit de Maillol.

Cependant, Maillol nie toute influence de Gauguin sur sa sculpture. Lorsqu’il peint ce tableau, il se replonge dans les souvenirs de Gauguin et de son art. La posture de Dina Vierny évoque les jeunes Maoris immortalisés par le peintre lors de son séjour dans les îles Marquises [Ill. 8]. Elle se dresse dans le tableau, dans un geste suspendu et statique, portant un foulard, rappelant ainsi les modèles caractéristiques du maître de Pont-Aven, sur un fond sans perspective et synthétique, rappelant les premières leçons qu’il avait retenues de Gauguin plus de quarante ans auparavant.

[ill. 8] Paul Gauguin, Parau na te varua ino (Paroles du diable), 1892, Huile sur toile, H. 91,7 cm ; L. 68,5 cm, Washington, National Gallery of Art.
© National Gallery of Art.

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