22/01/2026
La Fondation Dina Vierny – Musée Maillol et la Galerie Dina Vierny présentent l’exposition itinérante Maillol – Manolo. La escultura pura, organisée en collaboration avec la Galería Leandro Navarro à Madrid et la Galería Artur Ramon Art à Barcelone. Cette exposition explore le dialogue artistique entre Aristide Maillol et Manolo Hugué, deux sculpteurs unis non seulement par leurs origines catalanes, mais aussi par une même quête de pureté formelle, à la croisée de l’héritage classique, de la lumière méditerranéenne et de la modernité.

Maillol – Manolo : un parcours croisé


« Avec quelle émotion ne devais-je pas franchir, à deux ans de sa mort, le seuil de la maison de Banyuls, et me rasseoir à la table où, tant de fois, avaient pris place Matisse et Marquet, Gimond et Manolo »
– D’après Pierre Camo, Maillol mon ami, 1950
La première rencontre entre le Banyulenc Aristide Maillol (1861-1944) et le Barcelonais Manolo Hugué (1872-1945) a peut-être eu lieu à Paris, au tournant du siècle, alors que la capitale s’imposait comme un foyer majeur de la création artistique. Leur relation se consolide toutefois de manière décisive pendant la Première Guerre mondiale, lorsque les deux artistes se retrouvent dans les Pyrénées-Orientales : Maillol à Banyuls-sur-Mer, Manolo à Céret, deux localités distantes d’à peine une quarantaine de kilomètres.
Aîné de onze ans, Maillol exerce sur son cadet une influence déterminante, mêlée d’une profonde admiration, dont témoignent les portraits que Manolo consacre au maître de Banyuls. Parmi ces œuvres figure notamment la sculpture en terre cuite blanche présentée dans l’exposition, qui offre une image idéalisée de Maillol, ici représenté sous les traits d’un philosophe classique.

Si cette relation personnelle joue un rôle essentiel dans la formation de leur dialogue artistique, elle s’inscrit également dans un ensemble d’affinités plus larges. Maillol et Manolo partagent en effet de nombreux points communs. Tous deux issus de la culture catalane – l’un français, l’autre espagnol – ils se forment en grande partie en autodidactes, venant à la sculpture par d’autres disciplines : Maillol par la peinture, Manolo par la joaillerie. Ensemble, ils incarnent une voie classique de l’avant-garde du début du XXᵉ siècle, fondée sur la recherche d’une sculpture pure et essentielle, débarrassée de toute rhétorique et des excès narratifs.
Le nu féminin occupe une place centrale dans l’œuvre des deux sculpteurs, bien que leurs approches diffèrent sensiblement. Chez Maillol, la figure se fait ample et sensuelle, assumant une dimension quasi érotique ; chez Manolo, elle apparaît plus retenue, presque pudique, marquée par une simplicité primitive. De ces convergences et de ces écarts naît un dialogue fécond, qui structure le propos même de l’exposition.
Maillol – Manolo : un dialogue sculpté

L’exposition accorde une place centrale à la sculpture, autour d’une sélection de quinze œuvres par artiste, complétée par un ensemble plus restreint de dessins. Ceux-ci ne constituent jamais un corpus autonome, mais accompagnent les sculptures, tantôt comme études préparatoires, tantôt comme prolongements ou variations formelles, soulignant le rôle essentiel du dessin dans le processus créatif des deux artistes.
Le parcours met en regard des œuvres qui entretiennent un dialogue formel particulièrement étroit. Certaines pièces se répondent presque terme à terme, révélant des proximités frappantes dans le traitement des volumes et des postures, comme les reliefs en terre cuite Les Porteuses d’eau de Maillol (1898) et Deux femmes de Manolo (1924), qui semblent avoir été réalisés dans un même moule.


Ailleurs, les rapprochements sont plus libres, mais tout aussi signifiants, faisant émerger des correspondances thématiques et expressives autour du corps humain, du mouvement et de la relation entre les figures. C’est le cas, par exemple, du dialogue établi entre la Danse de Salomé de Manolo (relief en terre cuite, 1927–1928) et Le Couple de Maillol (bronze, 1896). Si les deux œuvres traduisent une tension entre les corps à travers la danse, elles en proposent des lectures profondément différentes : chez Maillol, le mouvement suggère une relation empreinte de proximité et de sensualité ; chez Manolo, la figure féminine devient le vecteur d’un récit chargé de violence symbolique et de tragédie.
Les œuvres présentées proviennent de plusieurs collections, avec un rôle majeur joué par la Galería Artur Ramon Art, qui conserve et promeut depuis de nombreuses années l’œuvre de Manolo Hugué, et par la Galerie Dina Vierny qui, aux côtés de la Fondation Dina Vierny – Musée Maillol, garantit l’héritage d’Aristide Maillol. Après sa présentation à Madrid, l’exposition poursuit son itinérance à Barcelone, à la Galería Artur Ramon Art, puis à Paris, à la Galerie Dina Vierny.
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Musée Maillol, 2021
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Musée Maillol, 2021
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