œuvre Phare
Même si Aristide Maillol (1861-1944) est principalement connu pour être un grand sculpteur, il n’en a pas tout de suite fait sa spécialité. A l’origine, il souhaitait être peintre. Ce n’est qu’au fil du temps qu’il se professionnalisera dans la sculpture. L’Enfant couronné (vers 1890-1892) [Ill. 1] vient ainsi s’inscrire parmi les toutes premières commandes de Maillol.
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Même si Aristide Maillol (1861-1944) est principalement connu pour être un grand sculpteur, il n’en a pas tout de suite fait sa spécialité. A l’origine, il souhaitait être peintre. Ce n’est qu’au fil du temps qu’il se professionnalisera dans la sculpture. L’Enfant couronné (vers 1890-1892) [Ill. 1] vient ainsi s’inscrire parmi les toutes premières commandes de Maillol.
Alors qu’il est encore jeune, Maillol part de Banyuls-sur-Mer, sa ville natale, pour étudier à Paris et s’inscrit dans plusieurs ateliers de l’École des Beaux-Arts, en tant qu’élève libre. Il se rend notamment à celui de Jean-Léon Gérôme (1824-1904), d’Alexandre Cabanel (1823-1889) et suit des cours à l’académie Julian. Sous l’avis de son premier professeur, il renforce sa formation en allant à l’École des arts décoratifs et se forme à la sculpture. Il est admis officiellement aux Beaux-Arts en 1885, après trois échecs au concours d’entrée. Il travaille principalement dans l’atelier de Cabanel puis dans celui de Jean-Paul Laurens (1838-1921). Ses professeurs viennent tous de la grande peinture académique, valorisant le dessin et une composition rigoureuse répondant aux principes de la perspective linéaire. Ils prennent exemple sur l’Antiquité, que ce soit pour le choix de sujet des tableaux ou bien pour les corps.


Mais la Seconde Guerre mondiale éclate et le Comité ne tient pas ses engagements. Maillol reprend alors la sculpture à son compte et décide de la poursuivre. Il écrit à Couturier qu’il le réglera lui-même et conservera la statue. Il lui envoie aussi lettres et croquis. Ainsi, l’œuvre initialement intitulée Les malheurs de la guerre et prévue pour honorer Barbusse devient La Rivière, l’une de ses dernières sculptures monumentales.

Alors qu’il est encore jeune, Maillol part de Banyuls-sur-Mer, sa ville natale, pour étudier à Paris et s’inscrit dans plusieurs ateliers de l’École des Beaux-Arts, en tant qu’élève libre. Il se rend notamment à celui de Jean-Léon Gérôme (1824-1904), d’Alexandre Cabanel (1823-1889) et suit des cours à l’académie Julian. Sous l’avis de son premier professeur, il renforce sa formation en allant à l’École des arts décoratifs et se forme à la sculpture. Il est admis officiellement aux Beaux-Arts en 1885, après trois échecs au concours d’entrée. Il travaille principalement dans l’atelier de Cabanel puis dans celui de Jean-Paul Laurens (1838-1921). Ses professeurs viennent tous de la grande peinture académique, valorisant le dessin et une composition rigoureuse répondant aux principes de la perspective linéaire. Ils prennent exemple sur l’Antiquité, que ce soit pour le choix de sujet des tableaux ou bien pour les corps.

[Ill. 2] : Aristide Maillol, Paysage des Pyrénées orientales ou La Porte du Mas, 1885-1886, huile sur toile, 46 x 55 cm, Paris, Fondation Dina Vierny – Musée Maillol

[Ill. 3] : Aristide Maillol, Puig del mas, 1886, huile sur toile, 33 x 41 cm, Paris, Fondation Dina Vierny - Musée Maillol.

[Ill. 4] : Aristide Maillol, Les deux jeunes filles, 1890, huile sur toile, 52 x 61 cm, Fondation Dina Vierny – Musée Maillol.
Ses œuvres de jeunesse sont peu nombreuses et restent marquées par l’enseignement classique qu’il reçoit. Une nouvelle étape dans son art va être franchie à la découverte de Paul Gauguin (1848-1903), par l’intermédiaire de George-Daniel de Monfreid (1866-1929). Alors qu’il se cherche encore, le peintre postimpressionniste va se révéler être une réelle révélation. Maillol va retenir de cet art, ainsi que celui d’Émile Bernard (1868-1941), l’abolition de la perspective linéaire, la simplification des formes et la recherche décorative. Insatisfait par ce qu’il avait appris lors de sa formation (il le dira lui-même à plusieurs reprises), il trouve un renouveau pictural qui répond à ses attentes. Sa peinture de paysage évolue et laisse transparaître l’influence de l’école de Pont-Aven. Il se met également à peindre des personnages dans ses toiles et plus précisément des figures féminines [Ill. 4].
Mais la Seconde Guerre mondiale éclate et le Comité ne tient pas ses engagements. Maillol reprend alors la sculpture à son compte et décide de la poursuivre. Il écrit à Couturier qu’il le réglera lui-même et conservera la statue. Il lui envoie aussi lettres et croquis. Ainsi, l’œuvre initialement intitulée Les malheurs de la guerre et prévue pour honorer Barbusse devient La Rivière, l’une de ses dernières sculptures monumentales.


[Ill. 5] : Aristide Maillol, La Couronne de fleurs, première version, dit aussi Paysage bucolique, sujet de prairie, vers 1888-1889, huile sur toile, 49,5 x 64,5 cm, Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek.
Par la suite, le cadre va se resserrer sur elles, sur leurs visages, ne laissant qu’un fond sans perspective comme c’est le cas dans L’Enfant couronné . La composition est centrée sur le buste de la jeune fille. Cette dernière est en train de tresser une couronne tandis qu’une autre, dont il n’est visible que les mains et un bout de sa robe rose, lui en ceint une sur la tête. La figure centrale est isolée et se trouve presque dans une suspension intemporelle. Le fond, d’un jaune très lumineux, est traité en aplat, sans perspective.

Au tournant des années 1890, Maillol reçoit des commandes venant de la famille Faraill, ce qui lui permet de donner un nouvel essor à sa carrière. Il peint alors plusieurs portraits des filles et des nièces de la famille [Ill. 5, 6 et 7]. C’est vers ces mêmes années que Maillol emploie de nouveaux moyens plastiques pour représenter des paysages : ils oscillent entre l’influence du synthétisme de l’école de Pont-Aven et du néo-impressionnisme. Ses toiles figurent des jeunes filles en train de tresser des couronnes de fleurs ou en ayant une sur la tête. Elles sont dans un champ, occupées à leur tâche manuelle.
Par la suite, le cadre va se resserrer sur elles, sur leurs visages, ne laissant qu’un fond sans perspective comme c’est le cas dans L’Enfant couronné . La composition est centrée sur le buste de la jeune fille. Cette dernière est en train de tresser une couronne tandis qu’une autre, dont il n’est visible que les mains et un bout de sa robe rose, lui en ceint une sur la tête. La figure centrale est isolée et se trouve presque dans une suspension intemporelle. Le fond, d’un jaune très lumineux, est traité en aplat, sans perspective.

[Ill. 5] : Aristide Maillol, La Couronne de fleurs, première version, dit aussi Paysage bucolique, sujet de prairie, vers 1888-1889, huile sur toile, 49,5 x 64,5 cm, Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek.

[Ill. 6] : Aristide Maillol, La Couronne de fleurs, 1889, huile sur toile, 129,85 x 160,98 cm, Tokyo, Musée national d’Art occidental.

[Ill. 7] : Aristide Maillol, Mademoiselle Faraill au chapeau, 1890, huile sur toile, 45 x 56 cm, Paris, Fondation Dina Vierny – Musée Maillol.
Quelques feuilles et marguerites décorent le fond. Maillol fait abstraction de tout décor et de tout environnement, se concentrant uniquement sur le motif étudié. Il n’utilise que peu de teintes et sa palette se compose de couleurs claires. Tous ces éléments renvoient directement à l’art de Gauguin : le fond en aplat, sans perspective, la stylisation du feuillage, la superposition en étagement du modèle et de l’arrière-plan. Par la suite, Maillol reprendra le motif des chapeaux pour des portraits de jeune fille, à l’instar des coiffes bretonnes de Gauguin. Dans cette toile se dégage une atmosphère de sérénité, de calme et de paix intérieur, presque religieuse voire mystique. La jeune fille, en fermant les yeux, semble être en pleine introspection.
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Maillol refuse une quelconque narration dans ses portraits laissant toute la place à la contemplation.
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Maillol refuse une quelconque narration dans ses portraits laissant toute la place à la contemplation.
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[Ill. 8] : Aristide Maillol, Jeune fille à l’œillet ou Portrait de jeune fille en rose, 1890, huile sur toile, 58 x 53 cm, Paris, Fondation Dina Vierny.
« L’Enfant couronné » est réalisé avec une grande simplicité linéaire tout en laissant au sujet une part d’énigme. De plus, l’artiste n’a pas à modeler les rendus des chairs ce qui lui permet de créer un contour sinueux qui donne au portrait un caractère abstrait et mystérieux. Maillol stylise les formes et s’engage vers un art de synthèse, d’idée, se détournant ainsi de toute tentation naturaliste. Pour lui, les portraits sont « l’aboutissement des modelés intérieurs ». Et c’est ce qu’il arrive à réaliser en se concentrant sur le visage, de profil, souvent les yeux fermés, comme en plein introspection, dans un décor dénué de motif et de perspective. Ses portraits sont souvent d’une palette claire avec des arrière-plans lumineux confortant aux tableaux une atmosphère onirique, parfois même mélancolique. Maillol refuse une quelconque narration dans ses portraits laissant toute la place à la contemplation.
Entre 1890 et 1894, Maillol réalise une série de portraits où ses modèles sont vus de profil [Ill. 8 et 9]. Il existe d’autres tableaux dans lesquels ses figures sont de face ou de trois-quarts, parfois même de face et de profil dans une même composition opposant ainsi les deux portraits, mais l’artiste banyulenc préfère reprendre les principes du Quattrocento en faisant poser ses modèles de profil. Comme dit précédemment, il coiffera même d’un chapeau certains de ses sujets, cachant davantage leurs visages. Par ce procédé, il peut ainsi mieux intégrer la ligne du visage sur le fond de paysage, comme dans les portraits de Piero Della Francesca, peintre de la Renaissance italienne. Par ailleurs, cela permet à Maillol de synthétiser ses modèles et de créer une ligne clarifiant les contours, comme il le fera plus tard dans sa sculpture.

[Ill. 8] : Aristide Maillol, Jeune fille à l'œillet ou Portrait de jeune fille en rose, 1890, huile sur toile, 58 x 53 cm, Paris, Fondation Dina Vierny.

[Ill. 9] : Aristide Maillol, Jeune fille au chapeau noir ou Portrait de jeune fille en mauve, 1890, huile sur toile, 55 x 46 cm, Paris, Fondation Dina Vierny – Musée Maillol.
« L’Enfant couronné » est réalisé avec une grande simplicité linéaire tout en laissant au sujet une part d’énigme. De plus, l’artiste n’a pas à modeler les rendus des chairs ce qui lui permet de créer un contour sinueux qui donne au portrait un caractère abstrait et mystérieux. Maillol stylise les formes et s’engage vers un art de synthèse, d’idée, se détournant ainsi de toute tentation naturaliste. Pour lui, les portraits sont « l’aboutissement des modelés intérieurs ». Et c’est ce qu’il arrive à réaliser en se concentrant sur le visage, de profil, souvent les yeux fermés, comme en plein introspection, dans un décor dénué de motif et de perspective. Ses portraits sont souvent d’une palette claire avec des arrière-plans lumineux confortant aux tableaux une atmosphère onirique, parfois même mélancolique. Maillol refuse une quelconque narration dans ses portraits laissant toute la place à la contemplation.
Musée Maillol, 2021
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