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Torse de l’Action enchaînée

Aristide Maillol (1861-1944)

1905, bronze Claude Valsuani

Pourquoi est-ce un incontournable ?

Tout dans cette sculpture, jusqu’à son titre – L’Action enchaînée – traduit à la fois la force et l’impuissance. Son intensité réside dans ce qu’elle exprime : l’élan impétueux de la liberté que la tyrannie ne saurait anéantir.

Salle des sculptures grandeur nature

Georges Clemenceau, alors député du Var, confie à Maillol la réalisation d’un monument public dans sa région. Il s’agit d’un hommage à Auguste Blanqui, grand révolutionnaire socialiste du XIXe siècle. On imagine donc une représentation de l’homme en redingote et haut de forme, comme on le faisait à l’époque. C’est bien mal connaître le génie créateur de Maillol ! Ce n’est qu’une partie du monument hommage. Dans l’œuvre finale, la femme est entièrement représentée, ses mains liées dans le dos, elle tente en vain de se libérer de ses entraves. Mais pourquoi, aux yeux de Maillol, cette allégorie, féroce et mouvementée, évoque-t-elle si bien Blanqui le révolutionnaire ? Le sculpteur pense alors à l’esprit enflammé du vieux révolté : Blanqui a été de toutes les conspirations du siècle précédent. On le surnommait « L’enfermé » car il avait passé la moitié de sa vie en prison.

En détail

Voyez ce torse de femme, nu et puissant qui semble se tordre dans un violent mouvement. Il s’agit d’une femme mais sa carrure athlétique est visible. On peut observer tous les muscles tendus de ce torse bombé.

Le saviez-vous ?

En 1905, pour les contemporains de Maillol, cette œuvre est un terrible scandale. Une femme nue pour rendre hommage à Blanqui était inconcevable. La sculpture est d’abord installée sur les hauteurs de Nice, face à l’église de Puget-Théniers, le lieu de naissance de Blanqui. Mais très vite cette conception nouvelle du monument public brusque tant les esprits que la statue est déménagée dans un endroit plus discret…