Partager

Méditerranée

Aristide Maillol (1861-1944)

1902-1905, bronze Alexis Rudier

Pourquoi est-ce un incontournable ?

« Elle est belle, elle ne signifie rien ; c’est une œuvre silencieuse. Je crois qu’il faut remonter loin en arrière pour trouver une aussi complète négligence de toute préoccupation étrangère à la simple manifestation de la beauté. » L’écrivain André Gide exprime ainsi son admiration devant cette Méditerranée, une admiration qui ne peut qu’être partagée.

Palier du 2ème étage

Au  Salon d’automne de 1905, où l’œuvre est présentée, on est stupéfait de tant d'audace. A cette époque, la sculpture est encore très marquée par le génie de Rodin, à la force très expressive. Or, c’est la simplicité qui fait la beauté de cette sculpture. Pas d'émotion exagérée, pas de muscles saillants. Le visage est dépourvu d'expression, les membres sont pleins et la peau est lisse. L’intériorité du personnage, son immobilité, invitent au silence. Avec cette œuvre, Aristide Maillol a entamé la révolution de la sculpture moderne. Dès lors, il se consacre essentiellement à cette partie de son œuvre.

En détail

Observez la sculpture de profil, vous remarquerez que les membres dessinent un ensemble rigoureux de triangles emboîtés. Les volumes massifs et lisses s'équilibrent harmonieusement. La silhouette se réduit alors à quelques lignes pures. « Ma Méditerranée est enfermée dans un carré parfait. » conclut Maillol.

Le saviez-vous ?

En réalité, ce génie est le fruit de plusieurs années de travail. Le motif de la jeune femme assise dans une pose ramassée hante Maillol depuis les débuts de sa carrière. Au printemps 1900, il rapporte à Paris l’agrandissement d’une statuette dont il a longuement étudié la forme et le balancement des masses. Ce premier état, il le nomme tout simplement Femme accroupie. Après cinq ou six ans de labeur, naît, de ce premier plâtre, le nu féminin Méditerranée.