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Léda

Aristide Maillol (1861-1944)

1900, terre cuite

Pourquoi est-ce un incontournable ?

La petite Léda ne manque pas de suciter l’admiration. L'œuvre ne "raconte" rien, mais atteint une forme de perfection dans ses proportions, que ce soit pour les statues de petit format ou dans ses statues monumentales. En cela, il ouvre la voie vers l’abstraction.

Salle des statuettes

Léda, reine de Sparte, est séduite par Zeus qui a pris la forme d'un cygne. Les plus grands artistes, depuis la Renaissance, ont traité ce mythe grec. Mais dans cette représentation de Maillol, point de cygne…
« Le cygne n’était pas bon, je l’ai enlevé », explique simplement Maillol. En effet au fur et à mesure qu’il travaille sur cette sculpture, il épure la forme pour ne conserver que la figure de la jeune femme nue. Il a cette volonté de toujours épurer son sujet, poussée au maximum. Ici, seul le titre de l'œuvre permet d'identifier le mythe, prétexte à la représentation d'une forme pure.
L’œuvre ici présentée est en terre cuite. L’esprit d'invention de Maillol le pousse à construire lui-même un four pour ses productions, mais le succès ne suit pas toujours. Ses terres cuites sont parfois des œuvres en tant que telles comme ici. D’autres font office de travaux préparatoires pour une sculpture finale en bronze.

En détail

La présence du dieu est suggérée par l'attitude surprise de Léda : on imagine qu’elle se tourne vers lui pour esquisser de la main ce geste de refus.

Le saviez-vous ?

A son époque, cette « sculpture de l’immobile », à laquelle Maillol aspire, représente une véritable révolution artistique. Il rompt radicalement avec la sculpture descriptive, typique du XIXe siècle. Sur ce point, on l’a d’ailleurs souvent opposé à Rodin, l’autre grand sculpteur français.