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Le jardin enchanté

Aristide Maillol (1861-1944)

1896, laine brodée avec applications de passementerie de fils de métal, de soie et de coton

Pourquoi est-ce un incontournable ?

Les figures et le style de cette exceptionnelle tapisserie nous transportent directement au Moyen Âge, mais un Moyen Âge à l’atmosphère irréelle car emprunt de la modernité de Maillol.

Salle des tapisseries

Dans les années 1890, l’artiste s’est lié d'amitié avec les peintres nabis qui bousculent la hiérarchie des arts et s'intéressent à des techniques jugées alors mineures. Les séries de tapisseries La Dame à la Licorne et La vie seigneuriale conservées au Musée de Cluny sont, pour Maillol, une véritable révélation esthétique. Un renouveau nécessaire à un moment où il ne réussit plus à avancer en peinture. Il confit alors : « C’est par la tapisserie que j’ai commencé à faire de la composition ». Mais la mode est à une restitution fidèle à la réalité et la Manufacture des Gobelins domine la production de tapisseries. Maillol sent que s’il veut créer une œuvre tapissée, il lui faut trouver une solution : « J’ai eu l’idée de reconstituer la belle tapisserie ancienne parce que les Gobelins l’ont amenée à un degré de bêtise ». L’emploi restreint de ces couleurs et la fonction strictement décorative de la tapisserie : voilà ce que Maillol apprécie tout particulièrement dans la tapisserie médiévale.

En détail

Observez le plissé des robes que portent les jeunes filles, l’élégance des figures et l’imbrication subtile des personnages et du végétal. Maillol a complètement renouvelé l’art de la tapisserie en lui rendant la noblesse qui la caractérisait au Moyen Âge.

Le saviez-vous ?

Dans son petit atelier de tapisserie à Banyuls,  l’exigence de Maillol est immense : il refuse d’utiliser des produits trouvés dans le commerce. Pour la laine qu’il veut la plus propre et la plus pure, il va directement l’acheter à des producteurs. Pour les pigments, il part lui-même à la cueillette dans les montagnes qui entourent Banyuls.