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Grand nu à la tresse

Aristide Maillol (1861-1944)

1939, fusain et craie blanche sur papier d'emballage gris

Pourquoi est-ce un incontournable ?

Dans ce croquis, on perçoit qu’avec Dina Vierny, Aristide Maillol a trouvé une complice. Plus qu’un simple modèle, elle comprend sa démarche et se plie à toutes ses envies artistiques. Il réalise ainsi de nombreux dessins d’elle, dont ce magnifique « Grand nu à la tresse ».

Salle des derniers dessins

Sur ce nu allongé de Dina, on reconnait la tresse que la jeune fille portait à l’époque. En alternant le fusain et la craie blanche, il compose un jeu de lumières audacieux. Dina se souvient : « Chaque fois qu’il dessinait, Maillol était pris d’un doute. Que de fois, l’ai-je vu songeur devant un papier qu’il choisissait beau, riche et moelleux. Là, devant sa feuille nue, ne sachant pas s’il allait traduire sa pensée, ne sachant plus rien, et voulant tout dire (…) Et brusquement (…)". Le dessin jaillissait, quittait les doigts de l’artiste, et se mettait à vivre d’une vie étrangement personnelle (…). L’artiste a pris l’habitude de dessiner sur n’importe quel support quand il est saisi d’un irrépressible désir de dessiner. « Il s’agit, dit-il, de ne pas arrêter l’émotion ».

En détail

La courbe des traits au fusain et du corps de la jeune fille sont évocateurs. Le corps de Dina laisse suggérer des collines et des vallées, comme si l’artiste voulait représenter un paysage.

Le saviez-vous ?

Aristide Maillol détestait disperser ses dessins, il en était avare. Il les gardait tous y compris les croquis faits sur des enveloppes ou des bouts de papier récupérés. Ce « Grand nu à la tresse » a par exemple été réalisé sur un papier d’emballage…